Rock the Lakes 2026 - Jour 1 - A Small District, Expellow, Allt, Kittie, Fu Manchu, Overkill, Bleed From Within, Breakdown of Sanity, In Flames, Soulfly

Rock the Lakes 2026 - Jour 1 - A Small District, Expellow, Allt, Kittie, Fu Manchu, Overkill, Bleed From Within, Breakdown of Sanity, In Flames, Soulfly

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Vallamand, petit village vaudois au bord du lac de Morat, n'a rien d'une place forte du metal — et c'est bien tout l'intérêt de l'histoire. Il a fallu qu'un chef d'entreprise de la construction, Daniel Botteron, décide à soixante ans de transformer un pique-nique de famille en festival pour que naisse, il y a quatre ans, le plus grand rendez-vous rock et metal de Suisse romande. Sur les 40 000 m² du terrain de l'agriculteur Otto Lauper, avec le lac en toile de fond, Rock The Lakes aligne cette année deux scènes côte à côte — la Monster Stage, réservée aux grosses productions, et l'Iceberg Stage, embrumée à souhait — pour dix groupes qui vont, de 14h à passé minuit, faire grimper la température crescendo. Trois formations suisses, embarquées via le tremplin Helvetia, ouvrent le bal face à une affiche qui va du stoner rock californien à la mélodie death metal scandinave.

A Small District

© Photos / Marwan Khelif

Coup d'envoi à 14h avec A Small District. Le groupe bernois a de quoi être fier : c'est lui qui a remporté cette année le tremplin Helvetia, le dispositif qui offre à un groupe suisse l'accès à la grande scène de Rock The Lakes. Un metalcore costaud, mené avec l'énergie de ceux qui n'ont rien à perdre — la fosse encore clairsemée en ce début d'après-midi ne les empêche pas de dérouler leur set avec sérieux. Une entrée en matière qui remplit largement le contrat d'un premier groupe.

Expellow

© Photos / Marwan Khelif

Changement de décor avec Expellow, venus de Zurich. Le quintet (Gudi, Nici, Taz, Moritz et Mik) n'a visiblement pas volé sa réputation : premier groupe suisse à remporter le Wacken Metal Battle international, l'été dernier, sous une pluie battante et face à trente autres formations. Les cinq membres occupent l'espace avec une présence scénique remarquable, du batteur au chanteur, pour un son bien lourd et étonnamment dansant. Une deuxième pépite locale qui confirme, dès le début d'après-midi, la bonne santé de la scène suisse.

Allt

© Photos / Marwan Khelif

Direction la Suède avec Allt, groupe de Karlskoga signé chez Century Media et nommé aux Heavy Music Awards 2025 pour son album From The New World (2024). Leur metalcore progressif, gorgé de djent et de thall, alterne growl caverneux et chant clair avec une belle science de la dynamique — le genre de formation qu'on imagine sans peine sur des scènes bien plus grandes d'ici la sortie de leur prochain album, Ataraxia, annoncé pour l'été. Un son lourd et complexe qui commence à faire son effet sur un public en train de se masser peu à peu.

Kittie

© Photos / Marwan Khelif

Kittie fête cette année ses trente ans de carrière, et ça s'entend : les Canadiennes de Kanata, en Ontario, jouent avec l'aisance de vétéranes qui n'ont plus rien à prouver. Le groupe, entièrement féminin depuis sa formation en 1996, a bâti sa réputation sur des allers-retours entre chant mélodique et hurlements — c'est précisément la partie qui me convainc le moins, le crié permanent finissant par lasser sur la durée d'un set. La mélodie et le rythme, en revanche, sont eux irréprochables, portés par une section rythmique d'une précision redoutable. De quoi comprendre pourquoi leur tournée du trentième anniversaire fait déjà parler d'elle outre-Atlantique.

Fu Manchu

© Photos / Marwan Khelif

On change complètement de registre avec Fu Manchu. Les Californiens, increvables pionniers du stoner rock actifs depuis 1985, posent leurs riffs gras et leur groove seventies sur la Monster Stage avec la nonchalance des groupes qui n'ont plus rien à démontrer. Rien de spectaculaire dans la mise en scène, tout se joue dans le son : chaud, épais, hypnotique. Une parenthèse plus posée dans la montée en puissance de la journée, qui fait un bien fou avant la suite.

Overkill

© Photos / Marwan Khelif

Retour à la vitesse supérieure avec Overkill. Les vétérans du New Jersey, qui tournent depuis 1980 et planchent déjà sur leur prochain album, embarquent le public dans un thrash metal old school d'une redoutable efficacité. Bobby « Blitz » Ellsworth n'a rien perdu de sa voix ni de son abattage scénique. Vraiment cool, comme on dit : la fosse se réveille enfin pour de bon, et les premiers poings se lèvent.

Bleed From Within

© Photos / Marwan Khelif

Puis débarquent les Écossais de Bleed From Within, et là, tout bascule. Leur metalcore ne fait pas semblant : son écrasant, breakdowns dévastateurs, et un chanteur au flow qui doit autant au metalcore qu'au rap le plus incisif. Le public, jusque-là plutôt sage, se lâche enfin : circle pit, wall of death, la totale y passe. Le groupe, monté en puissance depuis son album Shrine, confirme sa réputation de bête de scène — l'un des sets les plus intenses de cette première journée.

Breakdown of Sanity

© Photos / Marwan Khelif

Retour à la Suisse, et à Berne plus précisément, avec Breakdown of Sanity. Le groupe traverse une période charnière : nouveau chanteur (Kivi Brändle) et nouveau batteur (David Stutzer) arrivés l'an dernier, et un premier album complet en dix ans annoncé pour la fin de l'année, précédé du single « Torn Pages ». Sur scène, leur metalcore mélodique fonctionne très bien, plus fin que celui de leurs prédécesseurs du jour sans rien perdre en efficacité. Un groupe en pleine reconstruction qui donne clairement envie de suivre la suite.

In Flames

© Photos / Marwan Khelif

Le nom à lui seul justifie le déplacement : In Flames. Les légendes suédoises du death metal mélodique, fers de lance de la scène de Göteborg depuis le début des années 90, déploient une mise en scène soignée, claviers et deuxième batterie installés sur deux estrades en fond de scène — un dispositif qui densifie encore un son déjà très produit. Anders Fridén mène la troupe avec l'autorité d'un habitué des grandes scènes, entre classiques increvables et titres plus récents. Une véritable masterclass qui installe In Flames comme le point culminant logique avant la tête d'affiche.

Soulfly

© Photos / Marwan Khelif

Pour clore cette première journée, place à Soulfly, le groupe fondé par Max Cavalera après son départ de Sepultura. Et c'est du tout bon : riffs groove massifs, interludes de percussions tribales caractéristiques, le set coche toutes les cases. Cavalera reste une bête de scène redoutable et le public, malgré l'heure tardive, répond présent jusqu'au bout. Une clôture qui tombe à point nommé pour un groupe actuellement en pleine tournée européenne « Tribal Technology ».

Dix groupes, plus de huit heures de musique, trois formations suisses à l'honneur et une affiche qui n'a cessé de monter en intensité : cette première journée de Rock The Lakes 2026 confirme, s'il en était besoin, que le pari un peu fou de Daniel Botteron est devenu une vraie institution du metal romand. Rendez-vous dès le lendemain pour une seconde soirée à l'affiche tout aussi solide.

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