
Rock the Lakes 2026 - Jour 2 - Uncircle, Alchemists, Scare the Children, Elwood Stray, Revocation, Hokka, Ten56., Mushroomhead, Clawfinger, Arch Enemy, Lord of the Lost
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Après une première soirée qui avait déjà donné le ton, ce deuxième jour de Rock The Lakes 2026 démarre sous une chaleur écrasante et un ciel sans le moindre nuage — pas franchement l'allié d'une fosse qui met du temps à se remplir en début d'après-midi. Au menu, onze groupes qui vont, de la révélation locale au retour très attendu après dix-neuf ans d'absence, en passant par une nouvelle ère pour l'une des plus grandes formations du death metal mélodique, faire vivre les scènes de Vallamand jusque tard dans la nuit.
Uncircle
© Photos / Marwan Khelif
Sous un soleil de plomb qui écrase la Place de la Soif, Uncircle ouvre cette deuxième journée avec une énergie débordante qui force le respect. Révélation de la plateforme Helvetia, le jeune projet — à peine sorti de l'anonymat avec son tout premier single sous ce nom — ne joue pas devant grand monde à cette heure, mais ceux qui sont là suivent, portés par une envie d'en découdre qui fait presque oublier la canicule. Une ouverture qui donne clairement envie de suivre la suite.
Alchemists
© Photos / Marwan Khelif
Changement de registre avec Alchemists. Le groupe suisse, fondé en 2019 et revendiquant l'héritage de Northlane, Periphery, Architects ou Meshuggah, avait déjà tapé dans l'œil du public du Greenfield Festival en 2024 — une expérience qui se sent sur scène. Le guitariste, absolument charismatique, tire le set vers le haut à chaque instant, entre technicité et sens du spectacle. Un modern metal maîtrisé qui confirme, lui aussi, la bonne santé de la scène suisse.
Scare the Children
© Photos / Marwan Khelif
On bascule ensuite dans un tout autre univers avec Scare the Children, venus de Pékin. Référence de la scène metal chinoise depuis 2014, le groupe construit chacun de ses concerts comme un film d'horreur : masques de démons, de monstres et de geishas à la bouche cousue, costumes et mise en scène narrative — rien à voir avec le grand-guignol à l'américaine d'un Ice Nine Kills, plutôt une horreur venue du folklore et du cinéma asiatiques. Un concept fort, servi par un metal moderne et efficace, qui marque clairement les esprits.
Elwood Stray
© Photos / Marwan Khelif
Elwood Stray, groupe allemand d'Essen, enchaîne avec un heavy metal/metalcore mélodique et accrocheur, porté par la sortie toute récente de son second album, Descending, après un premier disque, Gone With the Flow, qui a dépassé les six millions d'écoutes. Habitués des tournées avec Bad Omens, Whitechapel ou The Ghost Inside, ils savent tenir une scène : le set est ultra dynamique, presque trop — la formule finit par tourner un peu en rond sur la durée.
Revocation
© Photos / Marwan Khelif
Retour à quelque chose de plus radical avec Revocation. Le groupe de Boston, mené par le guitariste-chanteur David Davidson, alterne thrash et death technique avec une aisance qui n'appartient qu'aux très grands musiciens — leur dernier album en date, New Gods, New Masters, a été salué comme leur disque le plus extrême à ce jour. Sur scène, la démonstration est nette : c'est du thrash exigeant, mais exécuté avec une précision qui impressionne.
Hokka
© Photos / Marwan Khelif
Rupture de ton avec Hokka, nettement plus rock que metal, avec quelques touches pop assumées. Détail curieux : les musiciens sont installés en retrait, presque en arrière-scène, laissant tout l'avant-scène à nu — un choix scénographique inhabituel dans ce genre de festival. Autre moment surprenant, une incursion façon Paul McCartney en plein set qui détonne complètement au milieu d'une affiche largement dominée par le metal. Un intermède qui change agréablement d'air.
Ten56.
Retour aux choses sérieuses avec Ten56., venus de la région parisienne. Le projet, lancé en 2020 par Aaron Matts (ex-Betraying the Martyrs) et complété par Quentin Godet et Luka Garotin aux guitares, Steeves Hostin à la basse et Arnaud Verrier à la batterie, creuse un deathcore taillé pour les breakdowns les plus lourds — logique pour un groupe qui tire son nom du code de police américain désignant une tentative de suicide. Après Downer (2023) et IO (2025), le quintet impressionne surtout par la présence scénique de chacun de ses membres, jusqu'au dernier rang.
Mushroomhead
© Photos / Marwan Khelif
Grand moment de la soirée avec l'entrée en scène de Mushroomhead, sur le générique de Bob l'Éponge — mise en jambe aussi absurde qu'efficace. Les vétérans de Cleveland montent nombreux sur scène, tous masqués ou maquillés, pour un metal industriel réellement excellent, porté par un spectacle visuel impressionnant, quelque part entre Shaka Ponk et Slipknot. Le chanteur va slammer dans le public, la chanteuse s'y fait porter à bout de bras : la troupe donne tout, et ça se voit.
Coroner
© Photos / Marwan Khelif
Petite parenthèse non annoncée dans l'affiche officielle mais bien réelle sur scène : Coroner. La légende suisse du thrash technique, active depuis 1985 et citée aux côtés de Voivod ou Watchtower parmi les pionniers du genre, vient rappeler à tout le monde d'où vient une bonne partie de ce qui se joue ce soir-là. Un passage aussi bref que respecté.
Clawfinger
Clawfinger revient de loin : dix-neuf ans après leur dernier album, les Suédois du rap-metal publient Before We All Die, et le retour sonne juste. Le frontman Zak Tell reste d'un charisme intact, et le groupe livre un set très, très solide, porté par l'évidente joie de remonter sur une grande scène après une si longue absence. L'un des retours les plus réussis de cette édition.
Arch Enemy
© Photos / Marwan Khelif
Tête d'affiche de cette deuxième soirée, Arch Enemy entame une nouvelle ère : après le départ d'Alissa White-Gluz fin 2025, c'est Lauren Hart (ex-Once Human) qui tient désormais le micro, et Rock The Lakes fait partie de ses tout premiers grands festivals européens avec le groupe. Le pari est totalement réussi. Show spectaculaire, énorme bravo à l'ingénieur lumière, balance impeccable qui laisse ressortir chaque instrument, flammes et gros ballons lâchés dans le public : Arch Enemy livre l'un des sets les plus maîtrisés du festival, et referme cette nouvelle page en beauté.
Lord of the Lost
© Photos / Marwan Khelif
Il revient à Lord of the Lost de clore cette deuxième journée, et la tâche n'est pas simple : après la déflagration Arch Enemy, une bonne partie du public a déjà quitté le site. Dommage, car les Allemands, finalistes de l'Eurovision 2023 à Liverpool, ont largement de quoi tenir la distance avec leur metal gothique et industriel très visuel. Une fin de soirée solide, mais jouée devant une fosse nettement dégarnie.
Onze groupes, une chaleur écrasante, un retour attendu depuis dix-neuf ans et une tête d'affiche qui entame une toute nouvelle ère : cette deuxième journée de Rock The Lakes 2026 aura été aussi éclectique que la précédente, entre jeunes pousses suisses, légendes du thrash et spectacle industriel. Rendez-vous pour la troisième et dernière soirée du festival.
























































































































































































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