Falkirk, Écosse, 1995 : deux amis d'enfance, le chanteur Aidan Moffat et le guitariste Malcolm Middleton, fondent Arab Strap. Un single à la mauvaise foi réjouissante, « The First Big Weekend » (1996), et un premier album, The Week Never Starts Round Here, suffisent à les faire entrer dans la constellation de Glasgow, aux côtés de Belle and Sebastian ou de Mogwai, sur le label Chemikal Underground.
Leur musique relève plus du sadcore que du rock : boîtes à rythmes et boucles électroniques sous la guitare sobre de Middleton, paroles crues de Moffat — sexe, alcool, amitiés qui tournent court — servies dans un parlé-chanté à l'accent écossais inimitable, avec un humour pince-sans-rire qui sauve tout de la morosité. Philophobia (1998), The Red Thread (2001), Monday at the Hug & Pint (2003) et The Last Romance (2005) creusent le sillon ; en décembre 2006, après dix ans et six albums studio, le duo raccroche sans drame.
Le réveil a lieu en 2016, pour les vingt ans : trois concerts donnés à guichets fermés, puis des festivals — dont La Route du Rock, à Saint-Malo, l'été suivant — et, plus tard, un vrai retour au studio. As Days Get Dark (2021), chez Rock Action, les ramène en tête des charts écossais ; son successeur de 2024, au titre calqué sur un texto de leur batteur de scène, roule sur le complotisme et la dépendance aux écrans. Half-Told Tales, prévu en septembre 2026, ouvre un neuvième chapitre que plus personne n'attendait.



















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