
Guitare en Scène 2026 - Jour 2 - Les Hommes Crabes, Fantastic Negrito, Pixies, Manu Lanvin, Pacôme Rotondo
TagsGuitare en ScèneFantastic NegritoLes Hommes CrabesManu LanvinPacôme RotondoPixies
Deuxième soirée, deuxième grand écart stylistique pour Guitare en Scène. Entre le groove percussif made in Nantes des Hommes Crabes, la soul incandescente de Fantastic Negrito, le retour tant attendu des Pixies et le blues rock bien gras de Manu Lanvin, cette soirée aura balayé quarante ans d'histoire du rock alternatif sans jamais perdre en intensité. Entre les plateaux, la scène Quartier Libre confiée à Pacôme Rotondo aura offert deux passages remarqués, à l'image d'une révélation qui n'a visiblement pas fini de faire parler d'elle.
Les Hommes Crabes
© Photos / Marwan Khelif
Trois potes, quinze ans d'amitié et un premier album, GALAK 51, enregistré en live en cinq jours sur bandes analogiques : Les Hommes Crabes ouvrent cette deuxième soirée avec un rock groove percussif taillé dans les années 90, quelque part entre les Red Hot, Incubus et les débuts des Foo Fighters. Sur scène, la formule fonctionne immédiatement : ça envoie bien, ça bouge dès les premiers titres, et le trio nantais confirme sans détour tout ce que promettait son disque : brut, honnête et redoutablement efficace. Une entrée en matière énergique, du genre à réveiller une salle encore en train de s'installer.
Fantastic Negrito
© Photos / Marwan Khelif
Survivant qui transforme chaque cicatrice en riff incandescent, Fantastic Negrito confirme sur scène tout ce qu'on peut lire à son sujet : un vrai showman, doté d'une flexibilité vocale proprement impressionnante, capable de passer du murmure rauque au cri primal en une seule phrase. Porté par un bassiste et un guitariste ultra impliqués, ainsi que par un clavier et une batterie qui verrouillent un funk et un groove redoutables, le bluesman d'Oakland semble littéralement habité sur scène, et cette transe se propage rapidement dans le public. Un choc viscéral, exactement à la hauteur de sa réputation.
Pacôme Rotondo
© Photos / Marwan Khelif
À seulement 24 ans, Pacôme Rotondo n'a eu besoin que de deux passages sur la scène Quartier Libre pour confirmer tout le bien qu'on disait déjà de lui. Accompagné d'un clavier, batterie et basse, le jeune guitariste-chanteur déroule un blues rock habité, entre héritage et fougue moderne, porté par cette voix éraillée qui semble sortir des tripes et qu'on lui connaît depuis son excellent Crimson Reverie. Mais c'est surtout sa capacité à embarquer le public, dès son premier passage en ouverture puis à nouveau en cours de soirée, qui marque les esprits : loin d'un simple interlude entre deux têtes d'affiche, chacune de ses apparitions donne l'impression d'assister à l'éclosion d'un artiste appelé à compter. Comme prévu, dans dix ans, tout le monde dira l'avoir vu à Guitare en Scène 2026, quand il commençait tout juste à exploser.
Pixies
© Photos / Marwan Khelif
Une seule date en Rhône-Alpes, aucun passage en Suisse cette année : Guitare en Scène tenait sa tête d'affiche historique, celle sans qui Nirvana, Radiohead ou les Smashing Pumpkins n'auraient probablement jamais sonné pareil. Black Francis, Joey Santiago et David Lovering, désormais épaulés par Emma Richardson à la basse, enchaînent les titres avec une redoutable efficacité, toujours aussi bons, égrenant les classiques les uns après les autres sans grande interaction avec le public, comme concentrés sur l'essentiel : la musique elle-même. Dans la fosse, ça danse sans discontinuer, et l'explosion attendue survient logiquement avec « Where Is My Mind », qui embrase littéralement la salle. Quarante ans après leur formation dans un dortoir de Boston, les Pixies n'ont manifestement toujours pas fini de chercher où l'on a bien pu égarer notre esprit, et le public, ce soir-là, ne s'en plaint absolument pas.
Manu Lanvin
© Photos / Marwan Khelif
Pour refermer cette deuxième soirée, Manu Lanvin délivre un blues rock bien gras, porté par une formation étoffée : saxo, trompette, clavier, batterie, basse et percussions, qui donne à son set une épaisseur presque orchestrale. Voix chaude, riffs incandescents, groove profondément ancré dans l'héritage du blues : le Français referme la soirée sur une note chaleureuse et généreuse, en digne héritier de ces artistes qui ont irrigué tout son répertoire. Une conclusion à la hauteur d'une soirée qui, de Nantes à Boston en passant par Oakland, aura rappelé que le rock, sous toutes ses formes, n'a jamais cessé de se réinventer.





































































































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