Guitare en Scène 2026 - Jour 1 - Taj Farrant, Gregory Porter, Ben Harper, Sarah Brown, Florian Desbaillet

Guitare en Scène 2026 - Jour 1 - Taj Farrant, Gregory Porter, Ben Harper, Sarah Brown, Florian Desbaillet

TagsGuitare en ScèneBen HarperFlorian DesbailletGregory PorterSarah BrownTaj Farrant

Pour cette première soirée de Guitare en Scène 2026, l'affiche avait des allures de traversée générationnelle et stylistique : un prodige de 16 ans en ouverture de la scène principale, l'une des plus grandes voix du jazz moderne, un habitué historique du festival de retour avec son groupe au complet, et une révélation gospel-soul venue clore la nuit. Entre chaque plateau, la scène Quartier Libre confiée à Florian Desbaillet aura offert deux parenthèses suspendues, aux antipodes de l'énergie du reste de la soirée.

Taj Farrant

© Photos / Marwan Khelif

Seize ans, et déjà cette impression tenace qu'on assiste à quelque chose qui nous dépasse. Taj Farrant ne joue pas comme un ado prodige qui impressionne la galerie, il joue comme si le diable lui avait prêté ses doigts. Sur scène, la technique est déjà celle d'un guitar-hero confirmé, mais c'est surtout la présence, la densité de son blues-rock bien gras, mélange dévastateur de Santana, de Stevie Ray Vaughan et d'une rage toute personnelle, qui frappe le plus. Rien d'esbroufe ni de démonstration gratuite : juste un gamin qui libère une tempête, et un public qui comprend immédiatement qu'il vient d'assister à l'un des tout premiers chapitres d'une grande histoire à venir.

Gregory Porter

© Photos / Marwan Khelif

Seule date en Rhône-Alpes pour l'une des plus grandes voix du jazz moderne, et la salle ne s'y trompe pas. Entouré de son piano, de sa contrebasse, de son saxophone et de sa batterie, Gregory Porter confirme dès les premières notes cette amplitude vocale qui a fait sa réputation — un baryton chaud et puissant, capable de faire aussi bien vibrer les tréfonds que s'élever vers quelque chose de presque spirituel. Le concert prend cependant une tournure plus inégale à mesure qu'il avance : chaque musicien se voit offrir son propre solo, jusqu'à ce que le pianiste s'aventure dans une improvisation qui reprend, façon clin d'œil, la mélodie de « Frère Jacques ». L'idée amuse un temps, mais la succession de ces interventions individuelles finit par diluer un peu l'intensité du début de set, donnant par moments une impression de longueur là où on attendait la ligne droite. Il n'empêche : entre « Liquid Spirit », « Hey Laura » ou « Take Me To The Alley », la voix, elle, ne faiblit jamais.

Florian Desbaillet (scène Quartier Libre)

© Photos / Marwan Khelif

Deux fois dans la soirée, la scène Quartier Libre aura appartenu à un seul homme, seul face à sa guitare acoustique, et pourtant c'est un orchestre entier qui semble surgir de ses doigts à chaque passage. En fingerstyle pur, mêlant mélodie, basse et percussions sur le corps de l'instrument, Florian Desbaillet installe dès son premier set, en tout début de soirée, cette atmosphère suspendue qui n'appartient qu'à lui, jusqu'à un hommage bouleversant à son père, disparu il y a quatre ans, livré avec une pudeur qui n'enlève rien à l'intensité. Revenu en cours de soirée pour une seconde parenthèse, entre deux déferlantes de la scène principale, il refait respirer la salle avec ce même sens du silence qui pèse plus lourd que n'importe quel solo hurlant. À lui seul, sur ses deux passages, Florian Desbaillet aura rappelé qu'un festival dédié à la guitare n'a jamais aussi bien porté son nom que pendant ces quelques minutes en tête-à-tête avec l'instrument.

Ben Harper & The Innocent Criminals

Seule date en Rhône-Alpes, aucune en Suisse cette année : Ben Harper entre sous une nuée d'applaudissements, et il ne faut que quelques minutes pour comprendre que ce concert sera à la hauteur de l'attente. Groupe historique au grand complet — sept musiciens sur scène —, les Innocent Criminals ouvrent par une sorte de ronde incantatoire, façon rituel gospel partagé entre tous les membres du groupe, avant que Harper ne s'installe sur sa chaise pour dérouler un folk-soul qui n'appartient qu'à lui. Le groove s'installe vite et ne relâche plus la pression : dans le public, ça se déhanche, ça danse, porté par cette manière si particulière de faire cohabiter la révolte et la douceur. Trente ans de scène et dix-huit albums plus tard, Ben Harper confirme sans forcer qu'il reste l'un des grands conteurs du blues-rock contemporain.

Sarah Brown

© Photos / Marwan Khelif

Pour refermer cette première soirée, place à Sarah Brown, gardienne anglaise du feu sacré et digne héritière de Mahalia Jackson. Sur scène, la diva déploie un groove funk et gospel chargé d'intensité, entre murmures veloutés et montées volcaniques, avec cette manière bien à elle de faire trembler les murs intérieurs. Seul regret : arrivant en toute fin de soirée, après un plateau déjà copieusement rempli, elle joue devant une salle qui s'est nettement clairsemée au fil des heures — un timing peu généreux pour une performance qui, sur le fond, méritait clairement mieux qu'une fin de nuit clairsemée. De quoi se dire qu'elle reviendra sans doute, un jour, dans un horaire plus favorable à la mesure de son talent.

Autres chroniques du festival Guitare en Scène

Guitare en Scène 2025 - Jour 4 - Younger Spirit, Nik West, Santana, Orianthi

Guitare en Scène 2025 - Jour 4 - Younger Spirit, Nik West, Santana, Orianthi

Stade des Burgondes, Saint-Julien-en-Genevois, France
Le dernier jour du festival Guitare en Scène a offert une nuit magique où se sont enchaînées révélation blues, funk débridé et légendes vivantes de la guitare. Un final en apothéose pour cette édition 2025 célébrant les 18 ans du festival. Le power trio Younger Spirit a ouvert la soirée avec un set énergique qui a immédiatement captivé. Leur fusion de blues et de rock 70's, inspirée par Stevie Ray Vaughan et John Mayer, a démontré une maturité impressionnante pour de si jeunes musiciens. La symbiose entre les trois membres était palpable, créant cette alchimie rare qui fait les grands groupes de blues. Une belle découverte qui promet pour l'avenir. Quelle explosion d'énergie avec Nik West ! La bassiste, vêtue d'une combinaison panthère rouge et d'épaulettes dorées, a enflammé la scène avec son funk débridé. Son jeu imparable, sa voix puissante et son énergie communicative ont transformé le public en une mer dansante. Le quintet (batterie, clavier, guitare et chœurs) a offert un groove…
Guitare en Scène 2025 - Jour 3 - Saults, Dream Theater, Satchvai, Matteo Mancuso

Guitare en Scène 2025 - Jour 3 - Saults, Dream Theater, Satchvai, Matteo Mancuso

Stade des Burgondes, Saint-Julien-en-Genevois, France
Le troisième jour du festival Guitare en Scène a offert une plongée dans l'excellence instrumentale, mêlant révélation pop-rock et légendes du prog metal et de la guitare. Une soirée où la technique s'est alliée à l'émotion pour créer des moments magiques. La soirée a commencé en trombe avec Saults, le duo fraternel français qui a insufflé une énergie communicative avec son pop-rock groovy. Leur set a immédiatement captivé grâce à une formation complète (saxo, trompette, guitare, batterie, basse et clavier) et des harmonies vocales impeccables. Si la basse souffrait parfois dans le mix, l'ensemble a démontré pourquoi ce groupe est considéré comme la révélation pop-rock française du moment. Les maîtres du metal progressif, Dream Theater, ont offert une performance magistrale. Avec le retour de Mike Portnoy à la batterie, le groupe a retrouvé sa configuration classique pour un set tiré de leur nouvel album "Parasomnia". Le guitariste John Petrucci a une nouvelle fois prouvé qu'il est…
Guitare en Scène 2025 - Jour 2 - Chey'N'Shiners, Wolfmother, Nada Surf, Stereophonics, Storm Orchestra

Guitare en Scène 2025 - Jour 2 - Chey'N'Shiners, Wolfmother, Nada Surf, Stereophonics, Storm Orchestra

Stade des Burgondes, Saint-Julien-en-Genevois, France
La deuxième soirée du Guitare en Scène a mis le feu à Saint-Julien-en-Genevois avec une programmation éclectique allant du groove énervé au rock stade, en passant par des pépites indie et des performances survoltées. Le quatuor français Chey’N’Shiners a ouvert les hostilités avec son groove n’ roll explosif, mélange de hard rock, de funk et de heavy metal. Menée par Cheyenne Janas (demi-finaliste de The Voice), la formation a balancé des titres de son EP Let’s Get Mad avec une énergie contagieuse. Riffs percutants, voix puissante et rythmique implacable : un set qui a mis la barre haute dès le départ. Les Australiens de Wolfmother ont ensuite pris possession de la scène avec leur heavy-blues psyché, aussi brut qu’efficace. Leur guitariste, virtuose des riffs fuzz, a électrisé l’ambiance, tandis que la voix si particulière du chanteur a rappelé pourquoi leur album éponyme reste un classique 20 ans après. Un trio (basse, batterie, guitare) qui va droit à l’essentiel et frappe fort…
Guitare en Scène 2025 - Jour 1 - Rosaly, Jango Janice, Eagle-Eye Cherry, Simple Minds, Dynamite Shakers

Guitare en Scène 2025 - Jour 1 - Rosaly, Jango Janice, Eagle-Eye Cherry, Simple Minds, Dynamite Shakers

Stade des Burgondes, Saint-Julien-en-Genevois, France
Le festival Guitare en Scène a ouvert sa 15ème édition avec une programmation éclectique allant du rock progressif aux légendes new wave, offrant une première soirée riche en émotions musicales. Le jeune quintette français Rosaly a magistralement lancé la soirée avec son rock progressif émotionnel. La scène ornée de roses a accueilli une performance où chaque instrument trouvait sa place dans une architecture sonore minutieuse. Melody, la chanteuse, a captivé par sa voix profonde et sa présence habitée, tandis que le violoncelle de Tristan ajoutait une touche d'originalité à leur son déjà distinctif. Le public, visiblement conquis, a réservé un accueil chaleureux à cette révélation prometteuse de la scène rock française. En entracte, Jango Janice prend contrôle de la scène "Quartier Libre" du festival avec un groove jazz bien amené. Le public se rassemble en nombre autour de la scène. Bonne ambiance, bonne musique, voix sublime, que demander de plus. L'atmosphère s'est apaisée avec…
Guitare en Scène 2024 - Jour 4 - Toby Lee, Dave Stewart, Marcus Miller, Nile Rodgers

Guitare en Scène 2024 - Jour 4 - Toby Lee, Dave Stewart, Marcus Miller, Nile Rodgers

Stade des Burgondes, Saint-Julien-en-Genevois, France
La dernière journée du festival Guitare en Scène propose une programmation de haut niveau et sonne déjà comme une véritable célébration de la virtuosité musicale. Sur scène, des artistes légendaires côtoient de jeunes prodiges, offrant au public un final inoubliable, entre émotions, énergie brute et communion musicale. Le jeune prodige Toby Lee, tout juste âgé de 19 ans, enflamme la scène dès les premières notes. Virtuose sans complexe, il balance des solos endiablés qui prennent aux tripes. Avec style, il fusionne à merveille blues et rock, emportant le public dans un tourbillon de riffs passionnés. Accompagné de son bassiste, d'un autre guitariste et d'un batteur, Toby Lee maîtrise chaque nuance de son jeu, prouvant qu'il n'a rien à envier aux grands noms du blues rock. Sa performance est à la fois brute et pleine de fraîcheur, et son passage au festival ne fait que confirmer les espoirs placés en lui. Un nom à retenir ! Dave Stewart, icône des années 80 avec Eurythmics, monte sur…
Guitare en Scène 2024 - Jour 3 - LeanWolf, Xavier Rudd, Rodrigo y Gabriela, Francis Cabrel, Nino Baliardo

Guitare en Scène 2024 - Jour 3 - LeanWolf, Xavier Rudd, Rodrigo y Gabriela, Francis Cabrel, Nino Baliardo

Stade des Burgondes, Saint-Julien-en-Genevois, France
La troisième journée du festival Guitare en Scène est marquée par une diversité musicale, transformant la scène en un véritable carrefour des genres et des cultures. Le public, en nombre, profite d'une programmation riche et variée qui va du blues-rock au flamenco en passant par la folk australienne. Le groupe Héritage ouvre cette journée avec un groove impeccable, fruit d'une alchimie parfaite entre les générations. Patrick et Martin Tayol, père et fils, sont les architectes de ce projet blues-rock, soutenus par une section rythmique solide et la voix puissante de Margot Viotti. Le mélange de blues, funk et soul qui émane de leurs guitares fonctionne a merveille. Leur set, tout en nuances, est une introduction parfaite à cette journée, mettant en avant la transmission musicale entre générations. Le jeune prodige LeanWolf, originaire de Montpellier, monte ensuite sur scène sous une chaleur écrasante. Son blues rock puissant et viscéral, teinté de soul et de jazz, résonne dans tout le…
Guitare en Scène 2024 - Jour 2 - Seven Ages, Larkin Poe, Chris Isaak, Rival Sons, Ko Ko Mo

Guitare en Scène 2024 - Jour 2 - Seven Ages, Larkin Poe, Chris Isaak, Rival Sons, Ko Ko Mo

Stade des Burgondes, Saint-Julien-en-Genevois, France
La deuxième journée du festival Guitare en Scène a continué sur la lancée explosive de la veille, offrant une palette musicale aussi variée qu’électrisante. Entre découvertes prometteuses et légendes établies, cette soirée a su captiver un public venu en nombre pour célébrer le rock sous toutes ses formes. Le quatuor Seven Ages a ouvert le bal avec un set qui, bien que prometteur sur le papier, a peiné à véritablement captiver la foule. Avec un rock classique influencé par les sons brit rock d’Alex Turner et les riffs puissants de Queens of the Stone Age, le groupe a montré un certain potentiel, mais l'énergie scénique n'a pas été suffisamment percutante pour marquer les esprits. Le public, encore dispersé, a eu droit à l'exclusivité de nouvelles chansons comme "Ghost on Your Wall", laissant entrevoir une évolution vers des compositions plus travaillées. Cependant, il faudra attendre leur prochain EP pour voir si Seven Ages parvient à concrétiser cette promesse. Les sœurs Rebecca et…
Guitare en Scène 2024 - Jour 1 - Paddang, Seasick Steve, Status Quo, John Fogerty, The Inspector Cluzo

Guitare en Scène 2024 - Jour 1 - Paddang, Seasick Steve, Status Quo, John Fogerty, The Inspector Cluzo

Stade des Burgondes, Saint-Julien-en-Genevois, France
La première soirée du festival Guitare en Scène a accueilli une foule impatiente de vibrer au rythme du rock. Avec une jauge maximale de 5000 personnes, l’atmosphère était électrique dès les premières notes. La soirée s’ouvre avec Paddang, groupe toulousain, lauréat du tremplin du festival. Dès les premières secondes, le trio déchaîne une énergie brute, mêlant punk rock psychédélique et fuzz viscérale. Leur son, une véritable claque sonore, transporte les spectateurs dans une épopée frénétique, où chaque note semble répondre à l'urgence de vivre face à un monde en plein tumulte. Paddang, c’est l’essence même du garage-punk, une explosion d’énergie qui réveille les esprits. Seasick Steve, vétéran des scènes du monde entier, prend ensuite place. Installé confortablement dans son fauteuil, ce vieillard au charisme fou envoie des riffs de guitare qui sentent bon le blues rock. Chaque guitare, fabriquée à partir de pièces improbables comme des bouts de bois, des plaques d’immatriculation…

Commentaires